Etienne Terrus - Un peintre libre

Du 19 septembre 2026 au 30 avril 2027

AUTOUR D’UN PORTRAIT PAR MAXIMILIEN LUCE

En 2025, la Ville de Perpignan a fait l’acquisition d’un portrait inédit d’Étienne Terrus (1909-1917) - Acquis avec le concours du Fonds du patrimoine - Ministère de la culture - , peint vers 1905-1907 par le néo-impressionniste Maximilien Luce (1858-1941). Cette œuvre, d’une grande sensibilité, constitue le point de départ d’un accrochage consacré à la redécouverte de cet artiste discret mais essentiel dans l’histoire artistique du Roussillon.

Formé à Paris, proche des avant-gardes sans jamais s’y perdre, Étienne Terrus a fait le choix d’un ancrage territorial fort. Il revient très tôt à Elne, sa ville natale, où il développe une peinture de paysage subtile, inspirée par la lumière méridionale, et teintée d’une modernité silencieuse. Figure du pays, il est un intime d’Aristide Maillol qui réalise son portrait en buste, œuvre présentée dans le parcours permanent du musée Rigaud. Le sculpteur évoquait ainsi les qualités de Terrus : « C’était un peintre, vous savez. Il avait un sentiment tellement délicat du paysage …. Il a fait des aquarelles comme personne n’en fait, des merveilles (…) Dans ce qu’il fait, tous les tons sont sentis. Toutes les touches sont vivantes. C’est comme les notes de Mozart. Il n’y en a pas une qui ne chante » (Henri Frère, Conversations de Maillol, Genève [1956], 2016, p. 96).

Il s’agit d’aborder son parcours à travers les collections du musée Rigaud et un fonds d’atelier récemment redécouvert, provenant de ses descendants. Ces œuvres – huiles, aquarelles, esquisses – révèlent l’évolution de sa palette et l’attention soutenue portée aux ciels, aux collines et aux architectures du Roussillon.

Mais Terrus ne fut pas un artiste isolé. Il entretient des liens étroits avec les artistes de la région : Aristide Maillol, Gustave Violet, George-Daniel de Monfreid, avec qui il partage une même quête de simplicité formelle. Ses échanges réguliers avec Henri Matisse, André Derain, Albert Marquet ou Maximilien Luce, qu’il rencontre à Paris, témoignent d’une curiosité esthétique ouverte et d’une place discrète mais réelle dans les réseaux artistiques de l’époque.

Cet accrochage présentera une quarantaine d’œuvres, pour faire dialoguer Terrus et ses contemporains. Autour du portrait de Luce, c’est tout un réseau d’amitiés, de regards croisés et de sensibilités méditerranéennes qui se dessine. Une manière de réinscrire Étienne Terrus dans le paysage artistique du tournant du XXe siècle, entre tradition et modernité.